09.août.2011 Scénarios de retour en force des WebApps pour un web plus libre
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume des OS Mobiles. Tous (iOS, Android, Symbian, etc…) reposent sur des magasins d’applications qui « propriétarisent » le foisonnant contenu des sites web que nous utilisons tous les jours et augmentent par conséquent le ticket d’entrée des nouveaux entrants (qui doivent du coup se taper a minima le codage de deux applis, Android et iOS).
En même temps, je ne vais pas être faux-cul, peu de web apps font aujourd’hui aussi bien que leur pendants applicatifs sur les smartphones que j’ai pu tester.
Pour autant, la situtation est-elle figées? Sommes-nous condamné à rester lié à un système applicatif qui nous enferme.
Rien de moins sûr…
Ça bouge coté webapp
Les gros éditeurs d’applications renforcent leur site mobile
Prenons des acteurs comme Facebook ou Twitter. Ils ont une vraie ambition pour leur webapp.
Tout deux ont récemment revu leur sites mobiles respectifs.
Le premier a créé une sorte de webapp universelle qui s’adapte à votre smartphone. Il se murmure par ailleurs que Facebook va sortir un magasin d’application où un nouveau site pour tablette en HTML5 (projet Spartan)… Wait & see.
Le second a récemment mis en ligne une nouvelle version de sa webapp, sur iOS dans un premier temps, qui se révèle « presque » aussi agréable que son pendant applicatif.
Analysons le cas Facebook, assez représentatif d’un mouvement que j’espère plus massif dans les années qui viennent.
Back to Gecko, le projet ambitieux de Mozilla
Mozilla avec son projet « Back to geeko », une distribution d’Android basée autour d’un webapp shop, va tenter lui aussi de promouvoir un internet plus libre.
« Mozilla believes that the web can displace proprietary, single-vendor stacks for application development. « https://wiki.mozilla.org/B2G
Des intérêts convergents
Facebook : l’indépendance & la monétisation
Nous pouvons imaginer qu’un des avantages pour Facebook de pousser leur web app auprès du grand public est de prendre son indépendance vis à vis d’Apple ou de Google pour mettre en place leur stratégie mobile en toute liberté.
Cette indépendance est primordiale pour eux. Apple et Google ne voient pas d’un bon oeil la montée en puissance du réseau social, notamment quand celui-ci les concurrence sur certains domaines d’activité (Google + vs Facebook vs Ping …). Etre « distribué » par ses concurrents, ce n’est jamais confortable.
…surtout quand ceux-ci exigent, comme le fait Apple, de toucher 30% des revenus perçus via l’application distribuée.
Or, Facebook a de grande ambitions pour sa monnaie virtuelle, les Facebook Credits.
Aujourd’hui, impossible pour Facebook d’en proposer l’usage sur ses applications mobiles, notamment iOS (et bientôt Android).
C’est donc une vraie problématique de rentabilité que pause les applications, même pour un acteur comme Facebook, premier éditeur historique à profiter du développement des smartphones.
Et Facebook n’est pas le seul concerné. Rappelons qu’Amazon vient de sortir une webapp pour iPad Kindle pour contrer les nouvelles contraintes de l’App Store…
Intérêt pour Windows Phone 7 et Bada et les autres : comment remplir un magasin d’applications… vide
Que cela soit Bada (l’OS propriétaire de Samsung) ou Windows Phone 7, on ne peut pas dire que leurs magasins d’application respectifs soient pleins.
Windows Phone 7 proposait en mars 9 000 applications. C’est peu.
Nous sommes loin en tout cas des 400 000 applications disponibles sur l’App Store.
Ces acteurs seraient bien inspirés de pousser le développement de webapp plutôt que d’applications mobiles…. C’est d’ailleur ce que fait Samsung en autorisant les applications HTML5 au sein du Samsung App Store pour Bada.
Intérêt pour les constructeurs: se désolidariser petit à petit d’Android
La grande majorité des constructeurs de terminaux ont dégainé par dizaines leurs références Android, basant leur croissance sur l’OS mobile proposé par Google.
Eux aussi, à leur manière se sont lié à Google et son magasin d’application.
Alors certe, Samsung par exemple, embarque sur ces terminaux le Samsung Apps Store, une sorte d’Android Market bis, et développe en parallèle Bada…au cas où.
Mais pour le grand public la force d’un OS comme Android repose sur le large choix en matière d’application. Ce qui fidélise, c’est le fait d’avoir accès à ces applications d’un terminal Android à un autre.
Or, les construteurs ont intérêt à favoriser les passerelles d’OS à OS pour éviter d’être trop lié à l’OS Google.
Proposer des Webapp Shop est une bonne solution, car par définition, une web app est compatible sur un maximum d’OS.
Intérêt pour l’utilisateur : le choix
Si les acteurs évoqués jusqu’ici jouent le jeu de la web app, alors l’utilisateur aura plus de choix et surtout pourra retrouver les mêmes services indifférement d’un OS à l’autre.
Alors quels sont les scénarios possibles?
Les différents scénarios possibles
Scénario 1 : le statu quo
Les acteurs souhaitent rester sur un mode de distribution de leurs services qui passent par les application en majorité.
Ils en profitent pour certains (constructeurs, opérateurs) pour imposer leur briques de paiement sur les OS les moins vérouillés (WP7, Bada…)
Les web app ne sont toujours qu’une base permettant de sortir des applications ou une rustine pour avoir une proposition sur les OS de petits volumes. Mais certainement pas un axe stratégique de développement de l’usage mobile.
Scénario 2 : un rééquilibrage mou
Les éditeurs ne souhaitent plus verser 30% à Apple et renforcent leur webapp pour rééquilibrer le rapport de force. Mais leur richesse fonctionnelle n’est pas aussi foisonnante que ce qui est proposée au sein des applications (géolocalisation peu précise, pas de passerelles avec le carnet d’adresse du téléphone etc…)
Les distributeurs (Apple et Google) acceptent de faire un geste et les éditeurs (comme Apple l’a fait avec The Time récemment) trouvent leur compte dans le système applicatif tout en maintenant leurs nouvelles webapp afin de continuer à peser sur les distributeurs.
Scénario 3 :un rééquilibrage dur
Les avancés technologiques des standards du web et une amélioration des performances des navigateurs mobiles comme Safari permettent de proposer des services plus riches fonctionnellement (géolocalisation, appel au carnet d’adresse du téléphone…) et plus fluide.
Bientôt, les éditeurs seront en mesure de proposer des site mobiles aussi riches que leurs applications.
Les éditeurs et les constructeurs en profitent pour reprendre la main et poussent bien plus l’usage web app au détriment de l’application.
Des magasins de « téléchargement » de webapp se développent (OpenAppMKT par exemple ou Jolicloud), et concurrencent désormais les magasins d’applications.
Les éditeurs jouent prioritairement le jeu de la webapp et pas uniquement dans le cadre d’une stratégie « au cas où ».
Il y a sûrement d’autres scénarios possibles mais ceux présentés ci-dessous sont les plus probables à mon sens…
En guise de conclusion, comme il est d’usage, je vous propose de donner votre opinion à travers un petit sondage :
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